Le paysage médical ivoirien et sous-régional franchit une étape historique avec l'ouverture, le 1er novembre 2025, du tout premier laboratoire public spécialisé en tests d’Acide DésoxyriboNucléique (ADN) humain. Situé au Village des technologies de l’information et de la biotechnologie (VITIB) de Grand-Bassam, ce centre de pointe a été présenté officiellement par son directeur, le Professeur David Téa Okou, lors d'une rencontre thématique organisée le vendredi 27 mars 2026 à Abidjan-Plateau.
Le test ADN, véritable analyse de l'empreinte génétique, permet de définir la singularité de chaque individu à travers ses chromosomes et ses gènes. Présenté comme un « messager de succession de lettres » transmis entre les générations, l'ADN constitue le support fondamental de l'hérédité. Le Professeur Téa Okou a souligné la fiabilité exceptionnelle des résultats, estimée à 99,99 %, grâce à une éthique rigoureuse excluant toute manipulation des données.
Pratiquement, ces tests sont indolores et peuvent être réalisés dès la grossesse. En l'absence du père, des prélèvements sur un frère ou une sœur permettent d'établir les liens de parenté. Les délais de traitement sont désormais considérablement réduits, avec des résultats disponibles sous sept à dix jours, évitant ainsi l'envoi systématique des échantillons vers l'Europe ou d'autres pays développés.
Si l'identification de la filiation est l'usage le plus connu, le laboratoire du VITIB ambitionne d'aller beaucoup plus loin en s'attaquant aux maux qui minent les familles et la santé publique. La recherche génétique permet désormais d'anticiper l'émergence d'épidémies, de réduire la mortalité et de poser des diagnostics précoces pour des pathologies lourdes telles que les cancers, les désordres psychiatriques ou les problèmes de fertilité.
Cette détection précoce ouvre la voie à la médecine personnalisée, une approche qui adapte le traitement à la singularité génétique de chaque patient. Le Professeur Téa Okou a d'ailleurs précisé que la génétique des populations noires possède une richesse d'informations particulièrement élevée, nécessitant une expertise locale adaptée. Selon lui, cette médecine de précision n'est pas un luxe, mais une nécessité pour anticiper des maladies pernicieuses et invalidantes.
Sur le plan pratique, les tarifs des prestations au sein du laboratoire de Grand-Bassam oscillent entre 300 000 et 500 000 FCFA, avec une prise en charge partielle possible par certaines assurances. Pour bénéficier de ces services, les usagers sont invités à consulter leur médecin afin d'obtenir un bulletin de santé avant de se rendre au centre.
Le projet est porté par une expertise de classe mondiale. Le Professeur David Téa Okou est le premier expert ivoirien en génétique humaine et moléculaire clinique. Fort d'une longue expérience d'enseignement et de recherche à l'école de médecine de l'Emory University à Atlanta, ses travaux sont reconnus internationalement pour leur focus sur les variations génétiques impactant spécifiquement les populations afro-américaines. Avec cette infrastructure, la Côte d'Ivoire se positionne comme le leader de la biotechnologie en Afrique de l'Ouest et Centrale.






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